Les voies du bonheur /Le secret d’Edwin Strafford

robert Goddard-Edwin Strafford

 

« Les voies du bonheur/ Le secret d’Edwin Strafford »
« Past Caring », Robert Goddard, 1986. Ed. le Livre de Poche (2014)
 

Résumé:

1977 : Martin Radford, jeune historien londonien dont la carrière universitaire a été brisée par un scandale, arrive sur l’île de Madère. Il y rencontre Leo Sellick, un millionnaire sud-américain, qui habite une superbe villa, naguère propriété du mystérieux Edwin Strafford, mort en 1951.
Homme politique de premier ordre, promis à un brillant avenir, Edwin Strafford a été en 1908, à l’âge de 32 ans, ministre de l’intérieur du cabinet Asquith, aux côtés de Lloyd George et de Churchill, avant de démissionner brutalement en 1910 et de quitter la vie politique sans explication aucune pour disparaître dans l’anonymat.
Les raisons de cette rupture inexplicable sont elles dans le manuscrit de ses mémoires, retrouvé dans la villa ? La lecture passionnée qu’en fait Martin pose beaucoup plus de questions qu’elle ne donne de réponses. En particulier sur le rôle d’Elizabeth, une jeune suffragette – ces militantes activistes qui revendiquaient le droit de vote pour les femmes dans un Royaume-Uni très conservateur – avec qui Strafford a vécu une histoire d’amour passionnée.
Fasciné par les énigmes qui jalonnent le destin de Strafford, Leo Sellick propose à Martin de le rémunérer pour éclaircir cette étrange affaire. Mais alors que son enquête progresse, Martin va vite comprendre que cette histoire est loin d’être finie, et que, dans l’ombre, beaucoup ont encore intérêt à ce que le voile ne se lève jamais sur le secret d’Edwin Strafford

Mon avis:

Mon avis: Cela faisait un petit moment que ce roman trônait dans ma PAL. Toujours autre chose à lire. Autre chose à faire. Mais, en 2020, la résolution est d’enfin faire baisser cette PAL (elle devient gigantesque, c’est affolant).

Je vais commencer par l’histoire en elle-même. Au début, elle semble simple. Un manuscrit caché, un secret inavoué et un homme chargé de faire le tri dans tout cela.

Simple donc. Une énigme et une quête. Or, au fil des pages, l’intrigue se complexifie. Mystères, trahisons, les ingrédients commencent à former un cocktail très efficace.

Les rebondissements sont bien amenés. Un peu trop bien amenés parfois car certains ne se révèleront pas être de grandes surprises. Ce n’est pas une impression générale, certains rebondissements sont effectivement efficaces. Il faut bien se rendre compte qu’avec un roman aussi long, il est difficile de ne pas souffrir de quelques longueurs. Mais ici, elles sont, dans un sens, nécessaires puisqu’elles amène les transitions de récit. Donc pas de problème dans ce secteur.

Par contre, est-ce que le roman aurait pu être plus court? Probablement que oui. Car certes, les longueurs sont parfois bénéfiques à un repos mérité du lecteur, mais si elles ne sont pas assez dosées, on peut vite s’ennuyer. Ici, on frôle parfois l’ennui sans vraiment s’y plonger. L’intrigue reste efficace et le lecteur y trouve son compte.

Ensuite la structure en elle-même. Il est ici important de s’y attarder une minute. Il est parfois ardu de garder un bon rythme lorsqu’on se base sur une intrigue historique: flashbacks, chapitrage différent. Les techniques sont diverses et permettent une fusion de deux époques différentes. Dans ce roman, Goddard ne fait pas vraiment de scission puisqu’il intègre son récit historique dans son histoire contemporaine grâce à l’existence d’un journal intime retrouvé. Pratique donc. De plus, cela permet aux lecteurs de ne pas avoir de séparation dans le texte, ce qui permet de rester toujours dans la même structure, ce qui est plutôt agréable.

Enfin, les personnages. On les suit, pour certains, pendant des guerres, une situation politique chaotique (les suffragettes) et une vision de la vie qui nous est maintenant désuète.

Mais en 1977, Martin est un jeune historien qui marche en terrain connu. Martin, justement, notre personnage principal, apparaît directement comme un jeune homme sympathique et pour qui on éprouve directement une certaine affection. On s’attache à lui et malgré ce qu’on apprend de lui au fur et à mesure des pages, on continue à l’apprécier. Pourtant, c’est peut-être lui qui a le moins d’évolution au fil des pages. Comparé à Elizabeth ou Leo, Martin reste assez linéaire jusqu’à la toute fin où il révèle une facette de lui qu’on ne voit pas forcément venir. Goddard parvient à nous enfumer et envoie ses personnages dans des directions qui surprennent le lecteur.

Au final:

On passe un bon moment. Que cela soit l’histoire, les personnages ou le style, tout est agréable à lire.

Attention que certaines longueurs peuvent parfois décourager mais ce roman vaut la peine qu’on s’y attarde.

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